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Le Sénégal et l´Union Européenne

Les relations entre le Sénégal et l´Union européenne (UE) comprennent trois (03) dimensions principales: un dialogue politique, des relations commerciales et une coopération au développement. Il convient de noter, en outre, que ces relations sont largement structurées par le cadre multilatéral de l´Accord de partenariat entre, d´une part, les membres du Groupe des Etats d´Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et, de l´autre, la Communauté européenne des Etats membres, signé a Cotonou le 23 juin 2000 et révisé à Luxembourg en 2005 et a Ouagadougou en 2010 (Accord de Cotonou).

A- le dialogue politique

Le Sénégal et l´union européenne entretiennent un dialogue politique permanent, large et franc, aussi bien au niveau bilatéral que dans le cadre des relations UE/ACP. Ce Dialogue sur les politiques prend en compte plusieurs domaines, notamment la bonne gouvernance, la gouvernance locale, la justice, la lutte contre la corruption, les Droits de l´Homme, la migration et la place des acteurs non étatiques et de la société civile dans l´action publique. Dans le contexte politique actuel, la conduite de ce dialogue de manière suivie et toujours actualisée a abouti à la mise en place d´une mission d´audit du fichier électoral dont l´expertise a été fournie par l´UE, à la requête du Sénégal, dans la perspective de l´élection présidentielle prévue le 26 février 2012. Cet audit a formulé des recommandations dont la mise en œuvre est supervisée par un Comité de Veille paritaire.

B- les relations commerciales

Depuis des décennies l´UE et le Sénégal, à travers les ACP notamment, entretiennent des relations commerciales basées sur un régime préférentiel. A l´heure qu´il est, ces relations sont régies par l´Accord ACP-UE, signé à Cotonou le 23 juin 2000 et dont la durée est fixée à 20 ans. Cet Accord était sous-tendue par la volonté de réviser les relations commerciales précédentes, essentiellement basées sur des préférences commerciales non réciproques, accordées par l´UE au pays ACP. En conséquence, les parties devaient négocier et conclure avant 2007 un nouveau chapitre commercial compatible avec les règles de l´Organisation mondiale du Commerce (OMC) préconisant une libéralisation progressive des entraves aux échanges ainsi qu´un renforcement de la coopération dans les secteurs liés au commerce. Il s´agit des Accords de Partenariat économique (APE) qui sont surtout négociés dans le cadre des ensembles régionaux, Communauté économique des Etats de l´Afrique de l´Ouest (CEDEAO) et Union monétaire et économique de l´Afrique de l´Ouest (UEMOA), pour ce qui est du Sénégal. Les APE sont censés consolider les initiatives d´intégration régionale dans les pays ACP et ont pour objectif de stimuler l´intégration progressive de ces ensembles régionaux dans l´économie globale. La position du Sénégal sur ces négociations, qui n´ont pas encore abouti pour la région ouest- africaine, est que ces accords, outre la dimension d´intégration régionale précitée, puissent permettre de conserver les économies locales encore fragiles et en pleine construction, en renforçant leur tissu industriel peu développé. En outre les APE devraient être centrés sur le développement en étant en réalité des Accords de Partenariats pour le développement (APD). Pour parvenir à un APE global, équilibré et porteur de développement, l´Afrique de l´Ouest et la Communauté européenne (CE) se sont engagés à définir conjointement les programmes d´accompagnement qui seront financés par la CE. Le processus de définition de ces programmes d´accompagnement a abouti à la formulation du Programme de l´APE pour le Développement PAPED. Plusieurs ateliers ayant impliqué les principaux acteurs des négociations de l´APE se sont tenues au niveau régional depuis mars 2009, pour adopter le PAPED comme cadre pour l´intégration de la dimension développement de l´APE, en définir les principaux axes, et préciser les critères de la mise en synergie des plans opérationnels nationaux et régional ainsi que le dispositif institutionnel de mise en &156;uvre. Le Sénégal a adopté en mai 2010 son Plan opérationnel PAPED qui a retenu 59 projets et qui met l´accent sur un nombre de filières prioritaires telles que l´agroalimentaire, le textile, le tourisme, etc. Ce plan opérationnel dont le financement des projets retenus est estimé à 453 milliards de francs CFA a été transmis à la CEDEAO pour sa prise en compte dans le plan opérationnel régional.

C- situation de la coopération

La coopération au développement entre le Sénégal et l´UE se déploie tant au niveau national qu´au niveau régional. Le Fonds européen de Développement (FED) financé par les Etats membres de l´UE et géré par la Commission européenne en est le principal instrument. Les apports de la Banque européenne d´Investissement (BEI) en constitue également une part non négligeable car cette dernière peut intervenir par des opérations basées sur la Facilité d´investissement (FI) ou sur ses ressources propres. Avec une participation qui représente environ la moitié de l´Aide publique au Développement (APD) reçue par le Sénégal, l´UE est le principal bailleur de fonds du pays. Dans le cadre du 10ème FED, il a été prévu, pour la période 2008-2013, un montant de 288 millions d´euros soit environ 190 milliards de F.CFA au titre de l´enveloppe A (Actions programmables) et 9,8 millions d´euros (soit environ 6,4 milliards de F. CFA) pour l´enveloppe B (Besoins imprévus). Dans sa mise en œuvre le 10ème FED a enregistré la signature de deux addenda consacrant une augmentation des ressources financières initialement mises à la disposition du Sénégal. En effet le Programme indicatif national (PIN) avait obtenu en 2009 une première hausse de 6,23 millions d´euros soit 3,9 milliards de F.CFA, représentant la part du Sénégal dans les 200 millions d´euros prélevés sur la réserve tout-ACP de l´enveloppe B du 10ème FED et destinés à atténuer les impacts sociaux et macro-économiques de la crise provoquée par la flambée des prix des denrées alimentaires dans 30 pays parmi lesquels figurent le Sénégal. Une autre augmentation du montant initial, intervenue en juin 2010, provenant du mécanisme communément appelé «FLEX» porte sur une enveloppe de 11,8 millions d´euros, soit 7,7 milliards de F.CFA. Elle est destinée à atténuer les effets néfastes de l´instabilité des recettes d´exportation. Suite à la réallocation du reliquat des fonds STABEX (26 millions d´euros), le Programme Indicatif National du Sénégal au titre du 10ème FED s´élève à 342,1 millions d´euros, soit 224.4 milliards de CFA. La vision commune de la coopération au développement entre l´UE et le Sénégal est axée sur la nécessité d´une plus grande concentration sur les domaines clefs du développement économique et social. Ainsi les ressources du FED, précédemment décrites, sont investies dans les secteurs vitaux de l´économie, tels que les routes, l´assainissement, et l´appui à la Stratégie de Croissance accélérée . Elles appuient également le Gouvernement du Sénégal dans ses efforts en matière de lutte contre la pauvreté, de consolidation de la bonne gouvernance, avec l´implication des Acteurs non étatiques, tout en œuvrant à l´intégration progressive du pays dans l´économie mondiale conformément aux objectifs de l´Accord de Cotonou.